J'avais écris dans mon journal, un petit quelque chose en rapport avec ce débat autour de la passion.
Je me demandais, à quel moment pouvait-on se prétendre être écrivain?
Pendant plusieurs pages, j'ai esquissé quelques pistes de réponse, mais je crois qu'il faut surtout s'employer à transformer la passion en travail. C'est là, un rouage à établir.
A mes yeux, être passionné, c'est être une promesse : une matière brute, non taillée, une force artistique dépendante des humeurs environnantes. L'inspiration se subit alors.
Il y aura toujours de la passion dans nos activités personnelles, mais si nous ambitionnons plus avant, la passion ne suffit pas : il faut autre chose. La stabilité. La pratique. L'expérience. La curiosité.
En ce sens, je rejoins la Gardienne : besoin et non passion. Assimiler intégralement son petit talent à notre routine.
En revanche, l'amour, je le ressens. L'amour de soi, je l'ai acquis grâce à mes créations. La confiance, je l'ai obtenu par l'encre. Et il est de ces absences, de ces transes nocturnes où le papier devient un organe vital, une condition de vie, de ces instants me démontrant que sans l'écriture et les souvenirs de joie et de perdition qui en a découlés, je n'aurais aujourd'hui, aucune estime personnelle. Il ne s'agit pas de prétention ou d'orgueil, juste un contentement suffisant pour s'apprécier devant le miroir du monde. Aussi, un texte, un poème, une chanson, je ne l'écris pas : je l'enfante.
Et cet amour, ce respect que j'éprouve envers la plume, il est inséparable de ma passion.
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Kamikaze de la passion,
Casanier en inspiration,
Hémorragie de mon encre,
Et tant qu'elle coule,
Je ne coulerai pas...